Le secteur du voyage se porte bien, très bien même. Selon ONU Tourisme, les arrivées internationales ont bondi de 5 % au premier semestre 2025, dépassant désormais les niveaux d’avant la pandémie. Mais derrière ce succès se cachent de nouveaux défis : le surtourisme, la flambée des prix, les tensions géopolitiques et l’irruption de l’intelligence artificielle qui bouleverse les usages. Les agences et tour-opérateurs doivent donc redéfinir leur valeur ajoutée pour rester indispensables aux voyageurs.
L’IA, amie et rivale
Comme autrefois avec Internet, l’IA s’impose désormais comme un outil incontournable. Elle facilite les process internes et améliore le service client, mais elle représente aussi une concurrence directe. Pourquoi passer par une agence si un algorithme peut réserver un vol et un hôtel en quelques clics ?
La réponse se trouve dans ce que les machines ne savent pas (encore) faire : inventer du voyage sur mesure. Patrice Caradec, président du Seto, insiste : « Notre métier n’est pas de compiler des réservations, mais de créer, de proposer du neuf. » En clair, c’est l’humain qui fait la différence : des itinéraires originaux, une expertise de terrain, et ces petites touches exclusives qu’aucun moteur de recherche ne peut dénicher.
Le poids des crises et du portefeuille
Les destinations suivent les humeurs de la géopolitique. La Jordanie et l’Égypte, voisines du conflit Israël-Hamas, ont souffert d’annulations massives. L’Ukraine reste boudée. Même les États-Unis enregistrent un recul de 30 % chez certaines agences, à cause d’un « effet Trump » et de prix jugés trop élevés pour les familles.
À l’inverse, la Grèce, le Maroc et la Tunisie affichent une croissance à deux chiffres, portées par leur accessibilité tarifaire. En France, ce sont les stations de montagne qui tirent leur épingle du jeu, grâce à des températures plus supportables et à des prix plus doux que les stations balnéaires. Comme le rappelle Fabrice Del Taglia, fondateur de Nomade Aventure, « depuis que je suis dans le secteur, il n’y a jamais eu une époque sans conflit. Cela provoque surtout des déplacements d’une région à une autre ».
Quand les voyageurs veulent du sens
Le prix reste déterminant, mais il n’est plus le seul critère. De plus en plus de voyageurs exigent un tourisme « responsable ». Caroline Marro, directrice de Marco Vasco, constate : « Travailler avec des prestataires locaux et responsables, c’est une réponse concrète à cette quête de sens. »
Certaines agences poussent plus loin. Evaneos, pionnier du voyage durable, a cessé de proposer certaines destinations saturées comme Mykonos en haute saison et encourage les séjours plus longs, mais moins fréquents. L’entreprise a même publié un index du surtourisme pour informer sa clientèle. De son côté, le Seto investit dans des programmes solidaires, comme Jiko Sawa au Kenya, destiné à soutenir les populations locales.
Imaginer le voyage du futur
Et demain ? Nomade Aventure s’est amusé à projeter le tourisme dans cinquante ans. Les voyages spatiaux ou sous-marins seront-ils à la mode ? Peut-être. Mais selon Fabrice Del Taglia, il y aura toujours des lieux moins fréquentés qui permettront de vivre de vraies aventures, loin des foules.
Tous les experts réunis autour de cette réflexion s’accordent sur un point : voyager restera une nécessité humaine. Mais il faudra apprendre à le faire autrement, de manière plus vertueuse, en tenant compte de l’impact environnemental et en valorisant les échanges humains. En somme, un tourisme qui fasse du bien à ceux qui partent, à ceux qui accueillent et à la planète.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !







