Une femme sur son vélo électrique

Le vélo électrique est-il un vrai sport ? Les experts répondent

De plus en plus visible sur les pistes cyclables et dans les rues, le vélo à assistance électrique (VAE) séduit par son confort et sa praticité. Mais derrière cette popularité grandissante, une question divise : pédaler avec une assistance électrique, est-ce encore du sport ou seulement un coup de pouce mécanique ?

Un marché en pleine explosion

En Europe, le VAE a franchi une étape symbolique : aux Pays-Bas et en Allemagne, les ventes dépassent désormais celles des vélos traditionnels. Au Canada, le marché reste plus modeste mais progresse rapidement, avec des revenus déjà équivalents à la moitié de ceux des vélos classiques en 2024, selon Statista. Cette croissance témoigne d’un attrait croissant pour une mobilité douce qui allie praticité et accessibilité.

Visite guidée en VAE

Une intensité modérée, mais réelle

Pour évaluer l’effort fourni, le chercheur Michael Jenkins de l’Ontario Tech University a mené une étude auprès de 21 personnes de plus de 60 ans. Les volontaires ont pédalé une dizaine de kilomètres avec différents niveaux d’assistance, tout en portant des capteurs de fréquence cardiaque. Résultat : 19 participants sur 21 ont atteint une intensité qualifiée de modérée.

Ces conclusions rejoignent d’autres travaux publiés dans le Journal of Transport & Health : le VAE offre un effort inférieur au vélo classique mais supérieur à la marche. Mesurée en équivalents métaboliques (MET), l’intensité se situe entre 3 et 6 MET, ce qui correspond à l’activité physique recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour préserver la santé.

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Intensité modérée mais réelle

Comment savoir si l’on fait vraiment du sport ?

La kinésiologue Mylène Aubertin-Leheudre, professeure à l’UQAM, conseille de se fier à son souffle. À intensité légère, on peut parler sans effort. À intensité modérée, la conversation devient plus difficile. Et au niveau élevé, il devient quasiment impossible de parler. Autrement dit, un VAE n’empêche pas de transpirer, tout dépend du niveau d’assistance choisi.

Limiter l’assistance, par exemple en la déclenchant uniquement dans les côtes, permet de transformer la balade en vrai entraînement. Mais même à faible intensité, le VAE reste bénéfique : « Chaque effort, aussi léger soit-il, contribue à combattre la sédentarité », rappelle la chercheuse.

Vélo électrique en pleine nature

Un outil adaptable aux besoins

L’un des atouts majeurs du VAE est son adaptabilité. On peut réduire l’assistance pour s’entraîner davantage, ou l’augmenter pour éviter d’arriver en sueur au bureau. Ce côté modulable attire notamment les personnes qui hésitaient à enfourcher un vélo classique par peur de la fatigue ou de l’effort.

C’est aussi une manière de partager des sorties avec des proches plus sportifs. « Avec mon VAE, je peux enfin suivre mon conjoint en randonnée cycliste », confie Mylène Aubertin-Leheudre.

Des distances plus longues, moins de voiture

Les études montrent que les utilisateurs de VAE parcourent plus de kilomètres et sortent plus souvent que ceux équipés de vélos traditionnels. Dans un essai clinique de trois mois, les cyclistes en VAE parcouraient en médiane 20 km par semaine, contre 12 km pour ceux en vélo classique, et pédalaient plus longtemps.

Autre point positif : le VAE réduit davantage l’usage de la voiture que le vélo ordinaire. Un bénéfice non seulement pour la santé, mais aussi pour l’environnement et la mobilité urbaine.

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En conclusion

Oui, le vélo électrique est bel et bien une activité physique. Certes, il demande moins d’effort qu’un vélo classique, mais il permet de toucher un public plus large et de favoriser une pratique régulière. Pour atteindre les recommandations de l’OMS – 150 minutes d’activité modérée par semaine –, le VAE peut donc être un allié précieux, surtout lorsqu’il incite à pédaler plus loin, plus longtemps… et plus souvent.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !

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