L’histoire de Rebirth ressemble à un roman industriel à la française : des marques mythiques, des reprises audacieuses et une conviction forte que le vélo électrique peut devenir l’un des piliers de la mobilité de demain. Derrière ce projet, un homme : Grégory Trébaol, entrepreneur passionné qui, depuis 2005, s’échine à redonner vie à un savoir-faire longtemps malmené par la concurrence étrangère.
Rebirth, héritier d’une longue tradition
Rebirth, anciennement EasyBike, regroupe aujourd’hui des noms qui font briller les yeux des amateurs : Solex, Gitane, Peugeot Cycles, Matra… et désormais Angell, rachetée après un parcours semé d’embûches. La marque, créée par Marc Simoncini en 2018, avait suscité beaucoup d’espoir avec ses vélos design et connectés, mais un rappel massif en 2024 avait freiné son envol. Là où d’autres auraient jeté l’éponge, Rebirth a vu une opportunité de relancer un projet prometteur en l’adossant à son expertise et à ses usines.
Grégory Trébaol sait de quoi il parle : lorsqu’il s’est lancé en 2005, seuls quelques milliers de VAE circulaient en France, souvent perçus comme des engins pour seniors. Inspiré par le modèle low-cost d’Easyjet, il a parié sur la démocratisation du vélo électrique. Vingt ans plus tard, son groupe est l’un des principaux acteurs d’un marché évalué à plusieurs milliards d’euros.
L’art délicat de la reprise industrielle
Le cœur de la stratégie Rebirth réside dans la relocalisation et la remise en état d’usines historiques. L’exemple le plus parlant est celui du site de Romilly-sur-Seine, ex-Cycleurope, racheté en 2024. Un lieu où certains ouvriers cumulent plus de trente ans d’expérience, mais qui manquait cruellement d’investissements. Pour le dirigeant, il ne s’agit pas seulement de produire plus, mais de valoriser des métiers menacés et de bâtir une filière durable.
C’est aussi dans cette logique que le groupe a pris une participation dans la société Roold, spécialisée dans le réemploi. Car un vélo vendu aujourd’hui devra être réparé, reconditionné ou recyclé demain. Une vision circulaire qui s’impose peu à peu comme une évidence dans l’industrie.
Vers une indépendance industrielle
Avec ses deux sites principaux – Saint-Lô et Romilly-sur-Seine – Rebirth ambitionne de réduire drastiquement sa dépendance à l’Asie. Pour cela, le groupe mise sur la modernisation de ses lignes de production et sur l’usine 4.0 prévue pour 2027. L’idée n’est pas seulement patriotique : produire localement permet aussi de mieux maîtriser les coûts et les délais. Comme l’explique Trébaol, il est parfois plus rentable de fabriquer en France avec des procédés optimisés que d’importer massivement de Chine.
Cette approche séduit même au-delà de l’Hexagone : la marque belge Cowboy a choisi Rebirth pour l’assemblage de certains de ses modèles. Preuve que le savoir-faire français reste attractif, à condition d’être soutenu par des infrastructures solides.
Une filière sous tension, mais pleine d’avenir
Le marché du vélo a connu un coup de frein après l’euphorie post-Covid, avec une baisse de 12 % des ventes en 2024. Rien d’alarmant selon le patron de Rebirth : il s’agit surtout d’un « nettoyage » après des années d’hypercroissance. Le moment idéal, selon lui, pour continuer d’investir.
Objectif affiché : 250 000 vélos produits par an d’ici 2030, soit environ 10 % de part de marché. Une ambition qui passe par la consolidation de marques emblématiques et la création d’un véritable écosystème autour de la mobilité douce.
La reprise d’Angell, un symbole
Le sauvetage d’Angell, validé en 2025, illustre bien la philosophie Rebirth : donner une deuxième chance à des projets qui ont trébuché mais dont le potentiel reste immense. Pour Marc Simoncini, céder les rênes était une façon de préserver l’avenir des salariés et de l’entreprise. Pour Trébaol, c’est une opportunité de prouver qu’adosser une start-up innovante à une structure solide peut faire des merveilles.
En somme, Rebirth n’est pas qu’un groupe industriel. C’est un projet de société, qui croit à la mobilité durable, à la réindustrialisation et au rôle central du vélo dans nos vies quotidiennes. Une aventure où l’on répare autant les cadres que la confiance en la capacité de l’industrie française à se réinventer.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !







