Et si, pour une fois, on troquait l’avion contre une vraie aventure ? Un mariage, une selle de vélo, 6500 kilomètres à la force des mollets… et beaucoup d’histoires à raconter.
Un mariage, des papillons… et un tableau Excel
Tout a commencé par une invitation au mariage de deux amis, dans un coin de paradis marocain. Mais au moment de cliquer sur “acheter” pour les billets d’avion, un autre réflexe a pris le dessus. J’ai ouvert une ribambelle d’onglets – simulateur de CO₂, cartes ferroviaires, itinéraires cyclables – jusqu’à remplir un bon vieux tableau Excel.
C’est là que l’idée un peu folle m’a traversé l’esprit : et si j’y allais en train, ferry et vélo ? L’appel de l’aventure, ce doux mélange de stress et d’excitation, a pris le dessus.
Un itinéraire un peu fou, beaucoup beau
Direction Marrakech, à la force du rail et du mollet. Le plan : Vannes > Paris > Marseille > Madrid > Malaga en train. Puis 200 km de vélo jusqu’à Tarifa, un ferry vers Tanger, encore un train jusqu’à Meknès… et 450 km de pédalage jusqu’au mariage.
Le retour ? Plus direct, merci mes fesses : train + ferry + 210 km de vélo entre Tarifa et Séville, puis retour maison.
Bilan : 6500 km parcourus, 45 heures de train, 3 heures de ferry, et 43 heures en selle.

Du temps, de l’huile de mollet… et de l’anticipation
Le voyage a duré deux semaines. Alice, ma femme, a pris l’avion pour quelques jours seulement, et notre fils a été confié aux grands-parents. De mon côté, 6 jours à l’aller, 3 jours et demi au retour. Long ? Oui. Mais riche en paysages, en lectures et en silences.
Il faut bien sûr pouvoir s’organiser : être à son compte, anticiper son absence, faire confiance à son entourage. Mais c’est aussi un véritable luxe de ralentir, de laisser filer le temps entre deux gares, deux coups de pédale.


Un budget à la hauteur du périple
L’avion aurait coûté 200 €. Ce périple multimodal m’en a demandé 700 € pour les 12 trains et 2 ferrys. Et j’ai découvert trop tard le pass Interrail, qui m’aurait fait économiser un joli billet.
Pour le reste : nuits chez des membres de la communauté Warm Showers, auberges économiques, et quelques aventures imprévues comme ce boui-boui dans le désert marocain. Côté bouffe, éviter les gares, toujours. Et à vélo, il faut beaucoup manger : j’ai compté une trentaine d’euros par jour pour le logement et l’alimentation.

Matériel minimal, débrouille maximale
Pas de folie en équipement. Mon vélo du quotidien, un cuissard fidèle, une sacoche empruntée, et une housse pour le transport en train. Le tout soigneusement optimisé pour tenir sur le guidon.
J’avais tout ce qu’il fallait sauf… une clé Allen de 5. Mon dérailleur m’en a fait baver. Et j’ai regretté de ne pas l’avoir embarquée, cette foutue clé.

Plus propre, plus slow, plus beau
La vraie motivation ? Réduire mon empreinte carbone. Un vol aller-retour, c’est 410 kg de CO₂. Mon périple : 16,5 kg au total. Train, vélo, ferry, taxi collectif… tout y est passé.
Quand on sait qu’on vise 2 tonnes de CO₂ par an et par personne d’ici 2050, chaque choix compte. Et celui-ci, je l’assume fièrement.

Et l’aventure dans tout ça ?

Je dois l’avouer, j’étais un peu flippé. Depuis cinq ans, l’aventure, pour moi, c’était surtout la micro-aventure, pas les déserts marocains. Et pourtant, dès les premiers kilomètres en Andalousie, tout a basculé.

Le Maroc, c’est de l’authenticité à l’état brut : pistes de gravel, mécano rappeur, crevaison en pleine nuit, gendarmes facetimeurs et montagnes de tajines. Au bout de la route ? Une fête de l’amour comme on en vit peu.
Conclusion ? Plus c’est long, plus c’est bon. Mais vivement que le train devienne aussi accessible que l’avion.


Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !







