Ni batterie ni prise : ce vélo électrique se recharge tout seul en roulant

Imaginez un vélo électrique qui vous oublie la galère de la recherche de prise électrique en rentrant chez vous. Ce rêve – ou devrions-nous dire, cette promesse bien réelle – s’incarne aujourd’hui sous le nom réjouissant de Pi-Pop, un vélo qui se recharge tout seul, rien qu’en roulant. Coup de projecteur sur une invention bien de chez nous, qui rebat les cartes de la mobilité urbaine… sans prise de tête ni prise électrique.

Le Pi-Pop : une innovation made in Loiret

À Olivet, au sud d’Orléans, l’ingénieur Adrien Lelièvre a donné vie à un vélo électrique qui ose s’affranchir des fameuses batteries lithium-ion. Après l’U-feel, devenu Pi-Pop et désormais dans sa troisième génération, ce vélo repense la manière dont on stocke et utilise l’énergie à vélo. Mais que propose-t-il de si révolutionnaire pour mériter autant d’attention ?

Au lieu des classiques accumulateurs chimiques, Pi-Pop embarque des supercondensateurs. Deux blocs, installés sur le porte-bagages, réalisés à partir de carbone, aluminium, polymère plastique et cellulose – et c’est tout ! Adieu lithium, nickel, manganèse, cobalt, ces matériaux critiques omniprésents dans les batteries classiques.

Supercondensateurs : super-héros de la récupération d’énergie

Le principe ? Les supercondensateurs fonctionnent sur un schéma similaire à une pile, avec une anode et une cathode. Mais là où la batterie classique stocke beaucoup d’énergie lentement, les supercondensateurs stockent et restituent l’électricité à vitesse grand V. Leur défaut ? Une capacité de stockage bien plus faible que le lithium-ion. Autrement dit, inutile de parler en wattheures ou ampères-heures pour le Pi-Pop : ici, l’objectif n’est pas de faire des kilomètres sans pédaler, mais bien de ne jamais avoir à s’arrêter pour recharger.

  • Plus besoin de prise : l’énergie se récupère en pédalant, en roue libre, et même en freinant.
  • Le système de freinage a été optimisé pour fonctionner le plus souvent en mode régénératif, afin de remettre un maximum d’énergie dans les supercondensateurs.
  • Pas de frein moteur brutal : la sensation de perte de vitesse lors de la recharge est à peine perceptible, bien loin des systèmes habituels d’énergie cinétique.
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Cette récupération d’énergie s’inspire de technologies éprouvées sur d’autres terrains : Toyota l’utilisait déjà sur ses prototypes du Mans, Lamborghini sur sa Sian hybride en 2019. Ici, la technologie débarque sur nos pistes cyclables !

Une expérience d’utilisation déconcertante… dans le bon sens

Le plus étonnant avec le Pi-Pop, c’est ce changement total de paradigme : on ne surveille plus son niveau de batterie avant de partir, on sait qu’en roulant, ça va charger. Même un départ à 5 % n’angoisse plus ! Sur les quelques centaines de mètres du test lors du festival Vélo in Paris, on se surprend même à scruter l’écran central pour voir en direct les phases de recharge (en rouge) et de décharge (en vert).

Le fonctionnement est en tout point celui d’un VAE classique : moteur de 45 Nm, lié au pédalage via un dérailleur Shimano. Pas de modes d’assistance à sélectionner : tout dépend du relief.

  • Assistance faible sur le plat
  • Nulle en descente
  • Renforcée en côte

Pour recharger efficacement, mieux vaut descendre une pente ou pédaler avec entrain sur le plat, mais la magie opère sans que le cycliste ait à surveiller la jauge constamment.

Un vélo électrique pensé pour durer, et produit localement

Autre argument avancé par Adrien Lelièvre : la durabilité. Les supercondensateurs affichent une longévité comprise entre 10 et 15 ans, sans que leur capacité de charge/décharge ne s’écroule. Mieux, le recyclage est facilité, puisqu’il n’y a aucun matériau polluant ou dangereux.

Du côté du vélo lui-même, les sensations évoquées sont celles d’un vélo de ville à position confortable, avec guidon haut, cintre courbé, roues fines de 28 pouces, freins Tektro et une suspension avant. Le tout pour moins de 22 kg, une prouesse alors qu’on pourrait s’attendre à bien plus lourd.

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Le Pi-Pop n’est pas un simple concept. Il sort des ateliers d’Olivet depuis l’an dernier, vendu en direct, avec déjà 150 unités produites. L’ambition : quelques centaines d’exemplaires annuels. Le prix ? 2 450 euros. Oui, un poil plus cher que certains concurrents, mais sans gestion de recharge, et avec un impact environnemental réduit.

Pourquoi ce concept n’a-t-il pas encore été copié ? Mystère ! Mais chez Frandroid, on a hâte de poursuivre l’expérimentation, surtout pour explorer toutes les limites de cette technologie, notamment sur des reliefs variés.

Rouler sans prise, c’est prendre les devants sur la mobilité durable. Si vous êtes tenté d’abandonner la prise électrique pour l’énergie du mouvement, le Pi-Pop pourrait bien devenir votre nouveau compagnon… et un sujet de conversation inépuisable lors des apéros cyclistes !

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !

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