Des gens du voyage devront payer 100 € par jour et par caravane

Des gens du voyage devront payer 100 € par jour et par caravane : la décision qui divise une commune

La petite commune des Monts d’Aunay, dans le Calvados, a récemment fait parler d’elle avec une mesure pour le moins radicale. Après plusieurs installations illégales de caravanes sur son territoire durant l’été, le conseil municipal a décidé d’instaurer une indemnité de 100 euros par jour et par caravane en cas d’occupation non autorisée du domaine communal. Une décision qui divise, entre défense des finances publiques et accusations de fermeté excessive.

Une réaction après un été mouvementé

À Aunay-sur-Odon, village rattaché aux Monts d’Aunay, l’été 2025 n’a pas été de tout repos. À deux reprises, des groupes de gens du voyage s’y sont installés sans autorisation — d’abord 14 caravanes, puis 16 quelques semaines plus tard. Une troisième installation a même failli avoir lieu au Plessis-Grimoult, autre commune du secteur.

Pour la municipalité, ces occupations ont eu un coût non négligeable : consommation d’eau et d’électricité, collecte de déchets supplémentaires, dégradations mineures sur les terrains publics… Autant de dépenses supportées par la collectivité, donc par les contribuables. “Nous n’avons rien contre ces familles, mais nous devons protéger nos finances et le cadre de vie des habitants”, explique un élu local.

Une mesure dissuasive avant tout

Adoptée à une large majorité lors du conseil municipal du 22 septembre, cette décision vise à dissuader les installations sauvages. Concrètement, chaque caravane stationnant sans autorisation devra s’acquitter d’une indemnité de 100 euros par jour, à laquelle pourraient s’ajouter d’éventuelles sanctions en cas de dégradations ou de refus de départ.

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Cette somme est considérée par la mairie comme une compensation financière pour l’utilisation illégale du domaine public. Le maire rappelle que l’occupation d’un terrain communal sans autorisation relève d’une “occupation privative irrégulière”, passible de poursuites.

Les élus précisent également que la commune n’a pas d’obligation légale d’aménager une aire d’accueil spécifique pour les gens du voyage, contrairement aux villes de plus grande taille. Cette mesure, selon eux, ne vise donc pas à exclure, mais à préserver les finances locales et à “éviter que les habitants paient pour des installations non prévues”.

Un sujet sensible et un débat national

Si cette décision est saluée par certains riverains, qui y voient un moyen de préserver la tranquillité publique, elle suscite aussi des critiques. Des associations locales pointent du doigt une approche “purement punitive”, estimant qu’elle ne s’attaque pas au cœur du problème : le manque d’aires d’accueil adaptées dans de nombreuses communes.

Le débat n’est pas nouveau. En France, la question de l’accueil des gens du voyage est encadrée par la loi Besson de 2000, qui impose aux intercommunalités de plus de 5 000 habitants de mettre à disposition des aires dédiées. Mais dans la pratique, leur nombre reste insuffisant. Selon la Cour des comptes, à peine deux tiers des communes concernées respectent aujourd’hui leurs obligations.

Entre fermeté et recherche d’équilibre

Aux Monts d’Aunay, la municipalité assume sa décision. L’objectif est clair : responsabiliser les occupants tout en envoyant un signal fort. Deux conseillers municipaux se sont abstenus, estimant qu’un dialogue aurait pu être engagé avant de fixer un tarif aussi élevé.

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Reste à voir si cette mesure aura l’effet escompté ou si elle déclenchera, au contraire, de nouvelles tensions. Une chose est sûre : elle met en lumière la difficulté pour les petites communes rurales de concilier respect du droit, contraintes budgétaires et accueil digne des voyageurs.


Dans cette affaire, les Monts d’Aunay se retrouvent à la croisée des chemins : entre nécessité de protéger leurs ressources et devoir d’hospitalité. Une décision à 100 euros par jour… mais à forte portée symbolique.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !

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