Cycle speedway

Cycle speedway : ce sport insolite où l’on maîtrise l’art de l’angle serré

À la croisée de la course cycliste et du pilotage façon drift, le Cycle Speedway est une discipline aussi spectaculaire que méconnue sous nos latitudes. Un sport à haute intensité où le virage se négocie à l’instinct, le pied qui glisse et l’épaule bien placée.

Des origines motorisées, puis cyclistes

Le Cycle Speedway trouve ses racines dans le Motorcycle Speedway, ces courses de motos en circuit ovale où la glisse fait partie intégrante de la stratégie. Né au début du XXe siècle en Australie et aux États-Unis, le concept s’adapte après-guerre au vélo, notamment au Royaume-Uni, sur des pistes improvisées dans des parcs ou terrains vagues.

C’est dans les années 1950 que le sport prend un virage plus structuré avec la création de la NACSA (National Amateur Cycle Speedway Association), posant les premières règles officielles. Aujourd’hui, c’est la British Cycling Association qui en régule la pratique.

Motorcycle Speedway Series
Australie, Motorcycle Speedway Series, 9 février 1946 – © Ray Olson,

Un vélo dépouillé mais taillé pour le contact

Pas de gadgets, pas de freins. Les vélos utilisés sont monovitesse à roue libre, avec un cadre rigide, un cintre large type moustache et des pneus adaptés selon la surface : cramponnés en extérieur, plus fins pour l’indoor. L’objectif n’est pas la vitesse pure mais la maîtrise technique, la trajectoire et la gestion des virages serrés.

En clair, l’équipement minimaliste met l’accent sur le pilotage pur, loin des machines bardées de capteurs et de télémétrie. Ce n’est pas une affaire de watts, mais de position, d’angle et d’agressivité contrôlée.

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Les motos sont longues, mais le Cycle Speedway ne se fait pas avec un longtail

Une discipline collective, explosive et tactique

Le Cycle Speedway se pratique en équipe, généralement deux contre deux sur une manche de quatre coureurs. Les points sont attribués en fonction du classement à l’arrivée, et chaque manche (environ 4 tours) est une mini-bataille tactique où les contacts sont autorisés.

Les stratégies d’équipe sont centrales : bloquer un adversaire, protéger un coéquipier, prendre l’intérieur… Chaque course dure à peine plus d’une minute mais demande une lecture instantanée de la piste et des intentions adverses. Le tout dans un enchaînement de départs puissants, de freinages glissés et de dépassements au corps-à-corps. On est très proche de l’intensité du Four Cross VTT ou du Skicross dans les sports d’hiver.

Glisser, pousser, résister : le style Speedway

Le spectacle vient aussi de la technique de virage : pied gauche décroché, il glisse au sol pour stabiliser l’angle d’attaque. En extérieur, c’est un passage obligé sur surface meuble. En indoor, certains osent garder les deux pieds clipsés… et ça passe. Il faut une sacré dose d’équilibre, de nerf et de lucidité pour négocier ces trajectoires à haute intensité.

Et ici, le contact est dans les règles. On ne frappe pas, mais on bloque, pousse, ferme la porte. Un duel épaule contre épaule dans les virages. Une dimension qui rappelle le Roller Derby dans l’esprit.

Speedway run

En France ? Silence radio

Malgré son potentiel, le Cycle Speedway reste absent de l’Hexagone : aucun club ni championnat connu à ce jour. Pourtant, il ne demande ni installation coûteuse, ni technologie avancée. Juste un terrain en terre battue, des virages serrés, quelques coureurs motivés… et une grosse envie de jouer des coudes.

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À l’étranger, notamment au Royaume-Uni, le public est au rendez-vous. Des familles, des passionnés, et une ambiance de compétition populaire et communautaire. Le genre de discipline qui aurait tout pour séduire les fans de vélo en quête de nouveauté et de frissons.

Alors, prêt à tourner en rond ? Mais très vite, et avec style.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !

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