On les croise partout, sur les pistes cyclables comme dans les rues en pente : les vélos à assistance électrique (VAE) se sont imposés dans le quotidien des citadins. Longtemps perçus comme une solution de « paresseux » pour éviter les mollets en feu dans les côtes, ils pourraient pourtant réserver une surprise de taille : en matière de dépense physique, ils n’ont rien à envier aux vélos classiques.
L’électrique, vraiment moins sportif ?
Beaucoup pensent qu’avec un moteur en renfort, on laisse ses muscles au repos. Pourtant, une vaste étude menée auprès de 10 000 adultes dans sept grandes villes européennes a montré le contraire. Résultat : les adeptes du VAE pédalent plus souvent, parcourent de plus longues distances (9,4 km en moyenne contre 4,8 km pour un vélo classique) et, au final, brûlent plus de calories sur la semaine.
Autrement dit, même si l’effort semble plus doux, la régularité et la durée compensent largement. Et surtout, les muscles restent sollicités : cuisses, fessiers, mollets, sans oublier le cœur qui, lui aussi, profite de cette activité prolongée.
Quand l’assistance devient un moteur de motivation
Pour comprendre ce paradoxe, il suffit d’observer la psychologie du cycliste. Comme l’explique Nicolas Barizien, chef de service en réadaptation à l’hôpital Foch, l’assistance électrique « repousse le moment où l’effort devient pénible ». Traduction : on a envie de continuer plus longtemps. Et plus on pédale, plus on s’éloigne de l’inactivité physique, un véritable fléau identifié par l’Organisation mondiale de la Santé comme la quatrième cause de mortalité prématurée dans le monde.
C’est un peu comme choisir un escalier mécanique au lieu d’un escalier classique : on bouge quand même, mais sans la sensation d’être à bout de souffle. Résultat, on répète l’expérience plus souvent.
VAE et vélo classique : deux alliés plutôt que deux rivaux
Contrairement aux idées reçues, les utilisateurs de vélos électriques ne boudent pas totalement les « vélos musculaires ». Beaucoup alternent entre les deux. Le VAE devient alors une porte d’entrée : il permet à des personnes peu sportives, ou à celles qui se remettent en selle après des années, de renouer avec une activité physique. Une fois la confiance acquise, certains basculent progressivement vers le vélo traditionnel, plus exigeant mais aussi plus gratifiant.
De plus, le vélo électrique abolit certains freins : la peur d’arriver trempé de sueur au bureau, la crainte d’une côte interminable ou encore l’idée que « c’est trop dur ». Grâce à lui, même les novices se surprennent à pédaler plusieurs fois par semaine.
L’essentiel : bouger, peu importe le modèle
Alors, faut-il choisir entre l’électrique et le classique ? Pas vraiment. L’important, selon l’OMS, reste de pratiquer 150 minutes d’activité physique modérée par semaine. Que ce soit avec un coup de pouce électrique ou à la seule force des mollets, le vélo reste un formidable outil pour le cœur, la respiration et même le moral.
En fin de compte, le VAE ne transforme pas le cycliste en « tricheur », mais bien en pratiquant plus régulier. Et si l’on devait trancher, on pourrait dire qu’il dépense « autrement », mais sûrement pas moins.
En clair, mieux vaut un vélo électrique utilisé tous les jours qu’un vélo classique qui prend la poussière au garage.

Le vélo a toujours occupé une place importante dans ma vie, d’abord comme passion, puis comme véritable sujet d’exploration. J’ai grandi en sillonnant les routes et les sentiers, curieux de tout ce qui touche au cyclisme, du matériel aux performances. Ce goût pour la transmission m’a naturellement conduit à écrire sur ce domaine en constante évolution. J’aime croiser les retours du terrain avec des infos fiables et claires. Mon objectif : rendre le vélo accessible, concret, et passionnant pour tous les lecteurs !







